L’homme pressé : écologie du Qi Gong

Tous les organismes vivants sont liés. Au travers des chaînes alimentaires et l’équilibre des cycles naturels et des cycles entre populations, s’échange tout ce dont ces organismes ont besoin pour vivre. Un seul déséquilibre, aussi minime soit-il, entraîne l’ensemble.

Seuls nous, les êtres humains, avons la possibilité d’en être conscients. Nous sommes d’ailleurs aussi les seuls à détruire ces cycles. La vie existe depuis 3,8 milliards d’années, l’homme est apparu il y a environ 200 000 ans et, pourtant, depuis un peu plus d’un siècle, il ramène tout à lui. L’homme pressé n’utilise d’avoir, d’emmagasiner : « Avoir de l’avoir plein les tiroirs… » fredonne Alain Souchon dans l’une de ses chansons. Jamais les hommes n’ont été aussi proches les uns des autres : je peux, en quelques secondes, parler à un ami au Japon. En revanche, j’ignore totalement mon voisin de palier et méprise mes collègues de bureau, paradoxalement. L’homme ne voit pas, ne réalise pas que sa course effrénée n’est qu’illusoire et souvent inutile. Mais, à la fin de notre vie, qu’en reste-t-il ?

Cette course entraîne la perte irrémédiable d’espèces vivantes, le mépris d’autres personnes qui ne vivent pas comme nous, dans des pays étrangers lointains, qui ne suivent pas ce rythme, et à qui, d’ailleurs, nous ne laissons même pas le choix de le suivre ou non. Pour mieux vivre, la question n’est pas d’« avoir », mais d’« être ».

Peut-être pensez-vous que nous nous éloignons du Qi Gong ? Cependant, nous y sommes pleinement ancrés.

Le Qi Gong est l’éloge de la lenteur, l’équilibre des cycles naturels. Pratiquer le Qi Gong n’est pas une consommation supplémentaire, c’est une modification réelle de notre rythme de vie, de notre « mieux-vivre », de notre façon de nous nourrir… progressivement, mais sûrement. Tout le monde n’est pas obligé de faire du Qi Gong, mais il est nécessaire que ceux qui le pratiquent prennent conscience que le Qi Gong commence à ralentir leur rythme et que, quelque part, dans un lieu qu’ils ne connaîtront jamais, un autre organisme qu’ils ne verront sans doute jamais, en bénéficie.

Cela s’appelle le « non-agir ». Toutefois, autre paradoxe, ce « non-agir » se révèle bien plus actif que certaines opérations dont nous sommes conscients.

(par Philippe Gouédard - "Le Qi Gong - Un programme modulable pour retrouver jour après jour Énergie Physique et Harmonie Spirituelle")

Leave a Reply