Les effets du Qi Gong sur un syndrome de douleur régionale complexe

Il existe très peu d'études contrôlées ayant impliqué un faux maître de Qi Gong pour vérifier l'efficacité clinique des exercices de Qi Gong. L'étude dont il est question ici, financée par le National Institutes of Health du gouvernement américain, et dirigée par le professeur Wen-hsien Wu, professeur d'anesthésiologie et directeur du Pain Management Center de Newark au New Jersey, avait pour but d'étudier les effets du Qi Gong sur des patients atteints du syndrome de douleur régionale complexe de type I (SDRC-I) au dernier stade.

Les effets du Qi Gong sur un syndrome de douleur régionale complexeCe syndrome est une maladie du système nerveux sympathique qui se développe à la suite d'un traumatisme mineur des tissus ou des nerfs. Les symptômes incluent une sensation de brûlure, la dystrophie de la peau et des muscles, de l'enflure, une rigidité anormale des muscles et une restriction de la mobilité des membres.

Le groupe étudié était formé de 26 patients âgés de 18 à 65 ans, tous diagnostiqués du syndrome de douleur régionale complexe de type I et n'ayant pas été capables de diminuer leur douleur par les médicaments traditionnels (anti-inflammatoires non stéroïdiens, stéroïdes, opioïdes, anticonvulsants, etc.) ni par des traitements de physiothérapie ou de chiropratique.

Les patients furent divisés en deux groupes dont l'un reçut six sessions de Qi Gong avec deux maîtres asiatiques reconnus (Yi Wu et Ronger Shen) et l'autre six sessions d'une simulation de Qi Gong avec un «faux maître». Les sessions duraient 40 minutes deux fois par semaine, durant 3 semaines consécutives. Les patients devaient continuer les exercices de Qi Gong à leur résidence durant 7 autres semaines. Dix-neuf des 22 patients qui complétèrent l'étude de 10 semaines étaient des femmes.

Copie de DSCF1504Les résultats montrent que 91% des participants du groupe expérimental rapportèrent une diminution de leur douleur à la fin de leur six sessions d'entraînement, comparativement à 36 % dans le groupe contrôle. L'anxiété diminua dans les deux groupes mais de manière un peu plus marquée dans le groupe expérimental. Deux des patients du groupe expérimental virent également des améliorations marquées de leur condition.

Ces résultats, bien que relativement modestes, sont cependant très significatifs compte-tenu de trois difficultés présentes dans cette étude. La première est que le SDRC-I de dernier stade est un ensemble fort complexe de symptômes et de signes qui rendaient très difficile l'appariement des deux groupes. La deuxième difficulté est que les résultats cliniques du Qi gong peuvent prendre un certain temps avant d'apparaître : dix semaines est une courte période. La troisième est que le SDRC-I implique des dommages neurologiques qui entraînent une activation anormale des récepteurs périphériques de la douleur (nocicepteurs) : il aurait été plus facile de choisir un autre syndrome n'incluant pas de dommages irréversibles au système nerveux, comme l'hypertension, les maladies cardiovasculaires, les dysfonctions de la thyroïde et les allergies.

Les chercheurs concluent que d'autres études sont nécessaires pour contrôler davantage l'ensemble des variables et qu'il faudrait peut-être choisir des syndromes plus susceptibles de répondre à des interventions médicales.


PasseportSanté.net

Wen-hsien W, Bandilla E, Ciccone D S, Yang J, Szu-Chi S C, Carner N, Yi W, Ronger S, Effets of Qi gong on late-stage complex regional pain syndrome, Altern Ther Health Med. 1999;5(1):45-54

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