été : xia | 5 mai – 6 août

Été : Xia

5 mai – 6 août

Eté : Xia

 

 

 

« Les trois mois d'été sont appelés «se multiplier» et «monter en épi» (Fan Xiu).

Les souffles du ciel et de la terre se conjuguent étroitement et les dix mille êtres fleurissent et fructifient.

  • On se couche à la nuit tombée et à l'aube on se lève.
  • On ne dédaigne pas de s'exposer au soleil.
  • On exerce son vouloir sans y mettre de l'impétuosité.
  • On accompagne l'éclat du fleurissement général afin que s'accomplisse un total épanouissement.
  • On favorise le libre déploiement, l'extériorisation des souffles (internes), comme s'ils aspiraient à évoluer au dehors.

Telle est la correspondance aux souffles de l'été et la voie pour nourrir intimement la croissance de la vie (Chang).

Aller à l'encontre de cela blesserait le cœur et causerait en automne des fièvres intermittentes par insuffisance (de l'offrande) au mouvement de récolte (Shou) spécifique de l'automne.

Le solstice d'hiver aggravera la maladie. »

Su Wen, chap II

 

Troncs célestes : Ping et Tingété chinois

Note : do, note chinoise Zhi

Animaux : à plumes

Nombre : 7

Élément : feu

Saveur : amer

Odeur : roussi

Couleur : rouge

Symbole : phénix, la caille rouge

Organe : cœur

La symbolique de l'été

L'été correspond globalement aux mois de mai, juin et juillet. Il représenta à la fois la culmination de l'extériorisation du Yang dans la nature et conjointement le début de son retour vers le Yin. Le caractère chinois qui le désigne montrait primitivement un homme qui se promène, les mains pendantes, comme font les paysans en été lorsque les travaux sont terminés et que la moisson se prépare. Le caractère actuel Xia associe l'image de la tête d'un être humain et l'évocation d'une marche entravée, ralentie.

chinois en byciclette

Il s'agit bien d'une saison centrée sur un solstice, le soleil s'arrête de monter au cœur du solstice d'été, comme il le fait à l'heure solaire de midi à l'échelle de la journée. C'est ce que souligne le signe cyclique temporel Wu ou «branche terrestre» qui marque midi et le cœur du solstice d'été. Sa graphie antique représente une croix surmontée par un toit. Le toit rappelle à la fois la tête, le sommet, le lâcher-prise et l'arrêt d'une certaine qualité montante du mouvement. La croix + souligne que cette apogée recouvre en même temps une expression énergétique totalement déployée et engageant le cycle dans son intégralité. Comme le dit le Su Wen, «le ciel et la terre se conjuguent étroitement», à l'image de la conjonction verticale et horizontale de la croix, ainsi «les dix mille être fleurissent et fructifient», atteignant les limites de leur expression naturelle, singulière et celle de leur fructification.

L'animal symbolique de l'été est l'oiseau rouge, parfois nommé l'auguste phénix voir le faisan ou la caille rouge, car les oiseaux se montrent surtout en été. Le phénix rouge dans sa splendeur estivale manifestée, représentait symboliquement l'impératrice, dans la mesure où il préparait le retour au Yin, comme l'impératrice attendait en secret le futur héritier.

Poursuivant en parfaite continuité l'élan de création du printemps, le souffle de l'été exprime le mouvement d'accroissement Zhang, semblable, nous dit le caractère chinois, à une chevelure abondante qui flotte au vent.

Le temps de l'épanouissement

Il indique à la fois un enrichissement des formes qui mûrissent et un ralentissement de la poussée des énergies qui les animent.

Multiplication et «montée en épi» ou épanouissement s'égalisent et rappellent l'image pictographique du caractère Qi, qui signifie à la fois « égal, complet, ordonné, ensemble ». Ainsi, dans la générosité de l'été, toute chose prolonge son mouvement naturel et se parachève, tout être atteint sa maturité, son plein épanouissement dans l'espace et déroule, sans hâte mais jusqu'à la fin, le mouvement qui lui est alloué.

épanouissemnt dehors

Égaux dans leurs chances de maturation et de fructification, « les dix mille êtres » font cependant parler leurs différences et associent leur grouillement dans un concert de manifestations sonores, visuelles, tactiles qui ne diminuent que partiellement la nuit et sont peu propices au sommeil. On se couche donc plutôt tard. On exerce son vouloir-vivre avec relaxation.

Le déploiement de l'énergie

Le temps d'été est plus spécifiquement offert à la contemplation de la beauté que la nature révèle alors dans une lumière accomplie ; l'intensité de mobilisation du corps doit trouver sa régulation dans une écoute attentive de sa fatigue et de ses limites, car le Yang perd sa tension printanière et amorce son retour vers le Yin. On favorise cependant la libre expression de l'énergie dont le mouvement d'extériorisation lancé depuis le printemps doit pouvoir s'accomplir pleinement.

L'ensemble de ces circulations qui culminent à l'extérieur du corps et ouvrent à la conscience de soi face au monde renvoie à l'organe subtil maître de l'été : le coeur-conscience, Xin, maître des vaisseaux, des méridiens et des pouls.

L'ouverture du cœur fleurit au niveau du visage par la lumière des yeux, l'harmonie du teint et de l'expression, l'écoute sensorielle et la présence globale. Lieu d'accueil de l'esprit individuel Shen, le cœur-conscience libère totalement, chez l'individu, les forces d'expansion de l'été : c'est ce qu'on nomme « nourrir intimement l'accroissement de la vie » Yang Chang. Par Yang Chang, l'été assure la libération complète de l'expression du Yang, qui favorise les conditions d'un retrait harmonieux et d'un retour sans contrainte.

été

Le contraire, c'est à dire la rétention, la répression du mouvement de croissance blessera le système qui coordonne et synthétise l'expression dans l'homme, c'est à dire, le cœur Xin, maître des vaisseaux, des réseaux, du sang mais aussi de la conscience comme réceptacle de l'esprit Shen. Ainsi, sur le plan purement énergétique, le feu non exprimé empoisonnera la saison suivante sous forme de fièvres

automnales intermittentes ou d'inflammations, résultant d'une insuffisance d'apport au mouvement de l'automne, la « récolte » Shou.

Les souffles, trop fortement mobilisés au cœur de l'été, n'effectueront pas pleinement leur retour en automne et en hiver. C'est dans cette dernière période qu'ils entreront directement en conflit avec le mouvement de rassemblement et de conservation de l'hiver.

L'été, le cœur et l'amer

Le cœur est l'organe maître de l'été. Son souffle exprime la surabondance du feu qui se révèle naturellement par la saveur amère. L'amer est la saveur spécifique du cœur des vaisseaux, de la conscience et de l'esprit.

Les recommandations sur le plan général

  • On se couche plutôt tard, mais on se lève tôt pour pouvoir profiter du soleil, quand il est dans ses phases intermédiaires: vivifiant le matin, apaisant en fin d'après-midi.
  • On évite les périodes caniculaires des heures de la mi-journée pour ne pas s'exposer à une chaleur excessive, risquer les coups de soleil ou à plus long terme des problèmes de chaleur internes pendant l'automne suivant.
  • On exerce sa volonté avec douceur et ouverture, en se défiant de toute activité impétueuse, forcée, velléitaire. On cultive un certain lâcher-prise, dans un esprit d'écoute, de paix et de non-agir, l'été étant plus spécifiquement dédié à la contemplation de la beauté.
  • On favorise le «libre déploiement du souffle-énergie» pour permettre aux encombrements encore retenus de s'écouler avec la sueur et pour éviter leur réabsorption ultérieure. Le contraire, c'est à dire la rétention, la répression du mouvement de croissance blessera le système qui en coordonne et en synthétise l'expression dans l'homme, à savoir le cœur. Sur le plan purement énergétique, le feu non exprimé empoisonnera la saison suivante sous la forme de fièvres intermittentes à l'automne.

Recommandations sur le plan alimentaire

  • On mange moins mais plus souvent, par repas légers et fragmentés..
  • On diminue l'amer, car si cette saveur nourrit le cœur, elle s'oppose directement par son énergie durcissante au mouvement de l'été et du cœur dont la nature est l'épanouissement et l'accomplissement: cacao, thé noir, café, tabac, grillades. En revanche, on prend de l'amer subtil : pousses de bambou, sarrasin, abricots, échalotes.

Le bulbe de lys

En Chine, l'aliment phare de l'été est le bulbe de lys qu'on utilise comme légume d'accompagnement. Il tempère la chaleur du cœur et réduit les agitations mentales de l'été. On le trouve dans les épiceries chinoises de nos grandes villes, sous forme fraîche ou en conserve.

  • On augmente la saveur piquante qui nourrit spécifiquement la substance des poumons, organe lié au métal et à l'automne. En effet, le feu (l'été, le cœur) attaque le métal (les poumons, l'automne), c'est à dire le système ou le temps de rafraîchissement.
  • On modère la consommation de concombres, de courges et courgettes, des aubergines, ou bien on les cuit ou bien on les accommode avec des aromates chauds – persil, ail, thym, poivre.

ail

En effet, trop d'aliments frais ou froids favorisent la rétention d'eau et la stagnation à un moment ou les viscères profonds manquent de Yang, donc de pouvoir transformateur.

  • Les personnes âgées dont le Yang est encore plus déficitaire et l'équilibre des liquides peu stable doivent éviter la consommation excessive de cucurbitacées, melons, pastèques, afin de prévenir des rétentions de froid abdominal favorisant les troubles du transit et la formation de glaires thoraciques et abdominales (poumons et gros intestin liés au métal).
  • On consomme des aliments de température tiède comme des bouillons légers à un seul légume (concombre en tranches, navet, céleri branche) ou tisanes régulatrices (mélisse, fleur d'oranger, aubépine, prêle).
  • On privilégie une nourriture de nature énergétique équilibrée tiède, à base de légumes (carotte, artichaut, haricots verts,céleri branche, poireaux, navets, de céréales (riz, sarrasin, quinoa, blé).
  • On peut opter pour des poissons (sardines, raie, daurade) et de la viande de nature neutre ou tiède (poulet, bœuf, caille).
  • On évite de consommer trop d'aliments glacés, de sorbets, de citrons pressés, de gaspachos ou autres soupes froides. De fait, on ne doit pas opposer à une chaleur excessive un froid alimentaire trop radical sous peine d'obstruction, voire d'occlusion en raison de la faible défense des viscères. Manger trop froid risque de déclencher l'apparition de coliques, de diarrhées ou de fièvres en automne.
  • On évite absolument les graisses animales, les fritures et les excès de gâteaux, tous générateurs de chaleur interne. On cherche à nourrir l'organisme sans l'échauffer (attention à la viande de mouton, aux merguez...., mais sans non plus le refroidir violemment (jus de fruits glacés).
  • On évite tout excès d'alcool. Pour les sevrages difficiles, les anciens recommandaient l'absorption de quelques oignons frits arrosés d'un alcool de riz léger, type saké japonais, au cours du petit déjeuner chinois.

En cas de refroidissement des voies digestives

En cas de refroidissement des voies digestives, on conseille un cataplasme de sel chauffé, placé préalablement dans une gaze épaisse. On le place à 6 cm (3 pouces) au dessus de l'ombilic pour tiédir l'estomac et calmer les douleurs..

En cas de refroidissement de l'abdomen ou des lombaire

¤ Si le refroidissement a été contracté avant le solstice : on le traite par des techniques énergétiques qui favorisent la sudation en utilisant l'acupuncture, des enveloppements ou des cataplasmes avec des plantes.

¤ Si le refroidissement a été contracté après le solstice : on recourt à la consommation d'aliments tonifiants, de nature chaude ou consommés chauds, aptes à résoudre les troubles liés au froid interne.

Recommandations sur le plan de l'hygiène de vie

  • On se rafraîchit naturellement dans les endroits ombragés en prenant garde de ne pas se refroidir., surtout si un vent se lève au crépuscule. Se rafraîchir de la sorte est plus bénéfique sur le plan énergétique qu'une intervention correctrice trop directe, voire brutale avec une alimentation trop froide et des boissons glacées
  • On passe cent à trois cents fois par jour un peigne de bois ou d'écaille dans ses cheveux, sans gratter le cuir chevelu, pour favoriser l'élimination du vent interne et améliorer la vision de l'état des yeux.
  • On évite de manger ou de dormir sous les étoiles ou sous la lune. Pour les anciens chinois, les effets du ciel nocturne d'été sont décuplés et peuvent exacerber nos conflits et nos déficiences corporels. Ils peuvent favoriser l'apparition de taches sur la peau et dans les cas graves de paralysie faciale a frigore (par agression de froid).

Le bain, remède traditionnel

Pour adoucir et rafraîchir le corps et l'ensemble de l'énergie, on peut prendre des bains dans une décoction de cinq plantes sous forme de branches et feuilles : mûrier, pêcher, saule, chanvre et Sophora japonica. Ces plantes peuvent être remplacées par des feuilles de noyers, le tilleul ou la lavande.

  • On ne dort pas dans un lieu humide, car on risque des blocages instantanés (torticolis, lumbago) ou des rhumatismes qui apparaîtront l'automne suivant. Dans certains cas, surtout chez les sujets âgés ou épuisés, cela peut aussi conduire à une paralysie des quatre membres avec troubles de la parole.
  • On ne dort pas la tête posée sur une pierre ou sur du métal froid pour se rafraîchir, de même qu'on ne doit pas s'asseoir ou se coucher sur un banc de pierre ou un rocher ayant récolté la chaleur solaire pendant la journée. Cela peut favoriser l'apparition d'éruptions cutanées (chaleur) ou de lumbagos et de hernies inguinales (froid de la pierre).

En cas d'insolation

Le chaud et le froid doivent être traités par le tiède et le frais, de manière progressive.

On ne doit jamais tenter de traiter les conséquences du feu par par une intervention directe et brutale de l'eau, mais on doit passer par des étapes intermédiaires permettant d'atténuer la violence de la dispersion d'énergie qui en découle et mettre le corps à labri d'une rupture de la vitalité, par effraction énergétique.

On ne doit pad projeter vivement d'eau froide sur le visage ce qui peut blesser les yeux. Arroser brusquement le corps encore brûlant peut provoquer la mort subite.

L'alimentation de l'été

Les plantes régulatrices de l'été

fleur d'oranger

Ce sont la lavande, la verveine, l'aubépine, la valériane, la feuille d'oranger, l'écorce d'orange, les boutons d'oranger bigaradier, le millepertuis, la fumeterre, la passiflore, le basilic.

La tisane de l'été

Destinée à agir sur le cœur et la conscience, elle régularise les rythmes corporels, les rythmes veille/sommeil ; et en plus elle rafraîchit.

Faites préparer par un herboriste le mélange suivant :

  • 20g de fleurs de mélisses
  • 20g de fleurs de lavande
  • 20g d'aubépine (sommités fleuries)
  • 20g de verveine
  • 20g de feuilles d'oranger

Faites infuser 10 minutes ce mélange dans de l'eau bouillante et buvez la tisane le soir.

Recettes pour tout l'été (sur demande)

  • Brochettes de légumes
  • Salade d'été
  • Aubergines à l'ail
  • Rondelles de courgettes au miso
  • Soupe de riz à l'abricot

(contact: dietetique@yang-sheng.org)

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